Le scanner HELIXVIEW™ intégré à un poste d’inspection-filtrage, entre deux tapis

Thales

Au contrôle des bagages cabine, l’agent doit décider vite et sans se tromper. Mon rôle : concevoir l’interface qui l’aide à lire un bagage scanné en 3D.

HELIXVIEW™ intégré au poste d’inspection-filtrage. Image © Thales.
Rôle
UX researcher et UI designer
Équipe
En binôme, encadrées par l’équipe projet Thales
Contexte
Projet de fin d’études, Ironhack, 2022
Outils
Figma, Blender, Adobe Dimension

Le problème

Au point de sûreté d’un aéroport, chaque bagage cabine passe au scanner. L’agent qui lit l’image doit trancher en quelques secondes, sans erreur, et recommencer toute la journée. La plupart des scanners ne montrent qu’une image en 2D : les voyageurs doivent sortir ordinateurs, tablettes et autres objets de leur sac, et le passage devient stressant, par peur de se faire voler un ordinateur ou de perdre quelque chose.

Thales développait HELIXVIEW™, un scanner qui reconstitue le contenu du bagage en 3D. Les objets peuvent rester dans le sac, à condition que l’agent puisse lire cette image plus riche, et vite.

Dans le cadre de mon projet de fin d’études chez Ironhack, en 2022, ma collègue et moi devions concevoir cette interface, de la lecture de l’image jusqu’à la décision, encadrées par l’équipe projet de Thales.

La méthode

Les agents de sûreté aéroportuaire exercent un métier discret, et nous n’avons pas pu les rencontrer. Nous avons quand même interrogé quelques agents de sûreté qui travaillent hors des aéroports, sur ce type de scanners : ils nous ont dit leur ressenti et leurs besoins. L’équipe Thales nous a transmis ce qu’elle savait du métier, et j’ai complété par une veille sur les scanners du marché et leur fonctionnement.

Nous en avons tiré des personas, des scénarios d’usage sous pression et le parcours de l’agent dans l’application, puis un prototype que nous avons fait tester.

Une image, vingt secondes, et pas le droit de se tromper.

Le parcours

L’interface n’est qu’un maillon d’une chaîne où chacun dépend des autres : le voyageur, son bagage, l’opérateur qui lit l’image, l’agent qui contrôle. Pour la concevoir, il fallait d’abord comprendre ce parcours en entier.

  1. 01Dépose

    VoyageurPose son sac dans un bac

    BagagePart sur le tapis

  2. 02Passage

    VoyageurPasse le scanner corporel

    BagageTraverse le scanner 3D

  3. 03Analyse

    VoyageurLonge le parcours

    BagageSon image 3D est envoyée

    Opérateur, à distanceFait tourner le bagage, zoome, encadre l’endroit où il voit un souci

  4. 04Décision

    VoyageurAttend

    Opérateur, à distanceLaisse passer, demande un contrôle ou prévient son collègue

    Agent de contrôleReçoit l’alerte

  5. 05Sortie

    VoyageurRécupère son sac

    BagageContinue tout droit, ou part sur la voie de contrôle

    Agent de contrôleInspecte le sac avec le voyageur

Là où intervient l’interfaceLe parcours d’un bagage cabine au point de sûreté, du point de vue de chaque acteur.
Le passage au point de sûreté, de la dépose du sac à la décision. Illustration générique, réalisée pour ce portfolio.

L’interface

Dans notre maquette, deux vues structuraient l’interface. La vue 3D, d’abord : l’agent fait tourner le bagage, zoome, et encadre l’endroit où il voit un souci. La vue de décision, ensuite : laisser passer ou demander un contrôle. Nous avions aussi proposé qu’il puisse envoyer un message vocal au collègue posté à côté du bagage.

Ce sont nos propositions : l’équipe Thales a ensuite conçu l’interface finale, et toutes n’ont pas forcément été retenues.

Les décisions

Concevoir pour la 3D

L’option courante
Une image en 2D, comme sur la plupart des scanners : les voyageurs sortent leurs appareils du sac.
Le choix
Une interface pensée pour la 3D, où l’agent fait tourner le bagage pour voir ce qu’il contient. Pour la tester, j’ai modélisé avec Blender et Adobe Dimension les objets qui passent dans le scanner, sous différents types de vue, puis je les ai intégrés dans Figma.
Pourquoi
Garder ses affaires dans le sac rend le passage moins stressant pour les voyageurs, qui craignent souvent de se faire voler un ordinateur ou de perdre un objet.

Une interface sombre

L’option courante
Une interface claire, plus classique : celle de la plupart des concurrents, souvent vieillissante.
Le choix
Un fond sombre par défaut, et une version claire proposée en complément.
Pourquoi
Les opérateurs regardent l’écran en continu, et le sombre fatigue moins les yeux de certaines personnes. La version claire laisse le choix à celles que le sombre gêne.

Prévenir le collègue à la voix

L’autre option
Un message écrit au collègue posté à côté du bagage.
Le choix
Nous avons proposé un message vocal.
Pourquoi
L’agent a peu de temps pour écrire : dire quelque chose en quelques secondes est plus simple.
Ce que ça a coûté
L’écrit, qui peut aussi être utile.

Renoncer au jeu

L’option écartée
Un score par agent, objets bien détectés et faux positifs, avec un classement entre collègues, pour rompre la monotonie.
Le choix
Une interface plus classique, sans classement.
Ce que ça a coûté
Un levier contre la monotonie. Mettre des collègues en compétition risquait de créer d’autres problèmes au travail.

Les tests

Environ cinq personnes ont passé des tests d’utilisabilité : elles ont parcouru l’interface sur les différents parcours de la maquette, puis nous ont fait leurs retours. Nous avons aussi comparé deux versions en test A/B. Ces retours ont guidé la version que nous avons rendue.

Le résultat

La recherche et les maquettes ont servi de base à l’équipe Thales pour concevoir l’interface finale du produit. HELIXVIEW™ est aujourd’hui commercialisé.

Un agent devant l’écran du scanner : un sac à dos rouge passe dans le tunnel, et l’écran affiche son image 3D en bleu avec un objet signalé en rouge
Le poste de l’agent dans la vidéo de présentation d’HELIXVIEW™ : l’interface finale, réalisée par l’équipe Thales. Image © Thales.
Le scanner HELIXVIEW™ de Thales
Vidéo de présentation publique d’HELIXVIEW™, par Thales. La fiche produit.

Avec le recul

Je construirais un design system beaucoup plus abouti. Le projet s’est terminé avant que je puisse le pousser aussi loin que je l’aurais voulu.

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